Nous interpellons Manuel Valls, Premier ministre à l’occasion de sa venue à Montpellier demain lundi 22 décembre pour la signature du Contrat de Plan Etat Région. Cette interpellation publique demande la suspension des projets de gares TGV de Manduel et Montpellier. Elle est co-signée par Christophe Cavard, Député EELV du Gard, Jean-Louis Roumégas, Député EELV de l’Hérault, Christian Dupraz, Conseiller Général EELV de l’Hérault, Vice-Président de Hérault Transport,Dirk Offringa, Secrétaire Régional EELV Languedoc – Roussillon, Nicolas Dubourg, membre de la direction nationale d’EELV et moi-même.

Montpellier le 21 décembre 2014

à M. Manuel VALLS, Premier ministre

Objet : Gares TGV de Nîmes et Montpellier : suivons les recommandations de la Cour des Comptes !

Monsieur le Premier Ministre,

Vous venez à Montpellier lundi 22 décembre 2014 pour signer le Contrat de Plan Etat Région 2015-2020. Ce contrat porte principalement sur le financement de nouvelles infrastructures en Languedoc-Roussillon. Parmi elles, la création de deux nouvelles gares TGV implantées en rase campagne, sur le tracé de la nouvelle Ligne à Grande Vitesse (LGV) entre Nîmes et Montpellier.

La première, prévue sur la commune de Manduel au sud de Nîmes serait localisée à l’interconnexion avec la ligne historique et ainsi accessible en TER depuis la gare centrale de Nîmes. Son coût est estimé à 100 millions d’euros.

La seconde, prévue sur la commune de Lattes au sud de Montpellier, serait réalisée en zone inondable (très exactement en zone rouge du Plan de Prévention des Risques d’Inondation) et déconnectée de la ligne historique, donc inaccessible en TER depuis la gare centrale de Montpellier Saint-Roch ; gare centrale inaugurée le 2 décembre dernier, après 3 ans de chantier d’agrandissement pour un coût total de 55 millions d’euros. Le coût de la nouvelle gare TGV excentrée est estimé, quant à lui, à 200 millions d’euros auxquels il faut ajouter près de 50 millions d’euros nécessaires à sa desserte par le tramway.

Si, en tant qu’écologistes, nous défendons à vos côtés la nécessité d’investir en faveur d’une modernisation du réseau ferroviaire français, nous ne pouvons pas cautionner les dérives financières et les errements auxquels nous conduisent les promoteurs du dogme de la grande vitesse.

La première de nos responsabilités est le bon usage de l’argent des contribuables.

Or la construction de deux gares TGV à Manduel et Montpellier n’a pas de sens économique en l’absence de liaison à grande vitesse entre Montpellier et Perpignan. Tous les spécialistes du ferroviaire en conviennent.

Nous sommes en train de mettre la charrue avant les boeufs

Nous sommes en train de mettre la charrue avant les boeufs et d’investir près de 350 millions d’euros dans la construction de deux gares TGV qui pourraient s’avérer être des gares fantômes, sans trafic significatif pendant de longues années. La facture de ce fiasco annoncé sera immanquablement mise à la charge de la collectivité, donc des contribuables. Cela n’est pas acceptable !

Monsieur le Premier Ministre, la Cour des Comptes nous alerte régulièrement sur les dérives des projets TGV. Son  dernier rapport annuel, publié le 23 octobre, n’a-t-il pas dénoncé « un modèle TGV porté au-delà de sa pertinence » ? De manière encore plus précise, la Cour s’est penchée, en 2013, sur les incidences financières du projet de TGV Est. Ses conclusions sont accablantes. Montages financiers opaques, données de trafic surestimées, surenchère des collectivités pour multiplier des gares TGV : toutes ces dérives y sont décrites noir sur blanc. Or tout porte à croire qu’aucune leçon n’en a été tirée en Languedoc-Roussillon.

La sagesse devrait nous conduire à suspendre ces deux projets de gares TGV dans l’attente de la réalisation de la LGV entre Montpellier et Perpignan. Ce temps pourrait être mis à profit pour instruire un débat public véritable sur la localisation et la configuration de ces gares nouvelles.

Rapport 2013 de la Cour des Comptes : « Exclure l’implantation de gares TGV en rase campagne sans interconnexion avec le réseau de transport régional »

Cela sera d’autant plus indispensable dans le cas du projet de gare TGV de Montpellier dont la localisation actuelle en zone inondable et déconnectée du réseau TER contrevient, non seulement au bon sens élémentaire (comment justifier en 2014 de construire en zone inondable ?), mais également aux recommandations de la Cour des Comptes qui, au terme de son rapport 2013, demandait à l’Etat et RFF « d’exclure l’implantation de gares TGV en rase campagne sans interconnexion avec le réseau de transport régional ».

En conclusion, nous vous demandons, Monsieur le Premier Ministre, de bien vouloir :

  • suspendre les projets de gares TGV de Manduel et Montpellier dans l’attente de la réalisation de la LGV Montpellier Perpignan (LGV dont nous soutenons bien sûr la programmation dans les meilleurs délais et avec le concours financier de l’Union Européenne !) ;
  • permettre le réexamen du choix de la localisation de la gare TGV de Montpellier afin de mettre en oeuvre les recommandations de la Cour des Comptes et de ne pas exposer de nouvelles populations au risque d’inondation.

Nous vous remercions pour votre écoute et vous prions d’agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de notre profonde considération.

Christophe Cavard, Député EELV du Gard Jean-Louis Roumégas, Député EELV de l’Hérault Christian Dupraz, Conseiller Général EELV de l’Hérault, Vice-Président de Hérault Transport Dirk Offringa, Secrétaire Régional EELV Languedoc – Roussillon Nicolas Dubourg, membre de la direction nationale d’EELV Manu Reynaud, ancien secrétaire régional d’EELV

 

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Au lendemain du discours historique de François Hollande sur la rafle du Vel’ d’Hiv, qui vient rappeler et assumer l’histoire de notre pays, comment comprendre  que les élus de Montpellier élèvent une statue à Mao, et relativisent ses crimes en le plaçant à côté de Gandhi ?

Comment le faire au lendemain des paroles fortes du président de la République :

« L’enjeu est de lutter sans relâche contre toutes les formes de falsification de l’Histoire. Non seulement contre l’outrage du négationnisme, mais aussi contre la tentation du relativisme. (…) Transmettre cette mémoire, c’est enfin en retenir toutes les leçons.C’est comprendre comment l’ignominie fut possible hier, pour qu’elle ne puisse plus jamais ressurgir demain.»

Mardi 24 juillet, l’agglomération de Montpellier rendra un hommage à Gandhi….. et à Mao.

Les montpelliérains, les français, et même les russes dont une chaine couvrira l’événement, découvriront qu’en 2012, des responsables politiques de Montpellier rendent un hommage à Mao Zedong pour le rôle majeur qu’il a joué au 20ième siècle : au premier rang desquels d’être l’un des dictateurs les plus meurtriers que l’humanité aient connue : 30 millions de morts dans les plus basses estimations des historiens. 30 millions de morts ! Comment peut-on ériger sérieusement une statue à un homme responsable au bas mot de 30 millions de morts ?

Comment ne pas dire notre dégoût et même notre volonté de révolte face à l’érection d’un tel symbole ?

Georges Frêche, très fatigué, avait, à la fin de sa vie, imaginé ce mausolée de ses grands hommes à lui, de ce qui avait construit sa vie politique personnelle. Usant de sa toute puissance de baron local auquel personne n’osait s’affronter, il avait imposé son imagerie personnelle où les grands hommes côtoyaient le pire des dictateurs.

Depuis le décès de l’ancien maire de Montpellier, le nouveau président de l’aggomération avait donné des signes d’apaisement et de volonté de retrouver sur tous les plans un climat propice à la discussion et au dialogue.

L’inauguration des ces statues était prévue début février 2012.

J’ai rencontré Jean-Pierre Moure pour lui expliquer en quoi l’inauguration de ces statues ne pouvaient avoir lieu au milieu de la campagne présidentielle avec le risque de créer des polémiques incompréhensibles.

Jean-Pierre Mourre bien conscient de l’incongruité de cette inauguration a repoussé sine die l’inauguration.

Notre conversation s’était terminée sur une proposition : débattre à nouveau au lendemain de ces élections majeures pour notre pays de la pertinence même de leur installation.

C’est le choix inverse qui a été fait : installer la statue de Mao, non pas parce que le président ou n’importe lequel des élus y croient, mais parce qu’il fallait assumer un héritage – celui de Georges Frêche -, même si l’horreur même de l’hommage devait compléter le grotesque de leur installation.

Des élus disqualifiés

Comment faire confiance à des élus qui avaient un pouvoir et même un devoir d’inventaire ?

Nous seront nombreux à être attentifs à celles et ceux qui au milieu du pire ou du grotesque, c’est selon, viendront rendre un hommage à Mao demain à Montpellier au milieu du décor carton-pâte d’un centre commercial à mi-chemin entre Disneyland et Géant Casino.

C’est un mépris affiché pour les montpelliérains et les habitants de l’agglo.

Aucun des gadgets comme les consoles vidéos soit disant pédagogiques qui devraient être installées devant les statues, ne viendra excuser ou justifier le geste.

Quelle image pour Montpellier ?

Montpellier était la surdouée pour de nombreux français, peut on la laisser devenir celle de l’infamie ou du grotesque ?

Nous sommes nombreuses et nombreux à penser que ce n’est pas l’image que nous voulons pour cette ville. Parce que ce n’est pas sa réalité.

Que les élus qui rendront un hommage à l’un des dictateurs les plus meurtriers que l’humanité ait connu, se souviennent qu’ils auront pris, le 24 juillet 2012, une responsabilité.

Nous serons nombreux à nous en souvenir et à faire en sorte d’effacer pour les années à venir cette tâche pour une ville qui représente avant tout l’humanité, et le vouloir vivre ensemble.

Et si on commençait les travaux de mise en sécurité à la rentrée de septembre, sans attendre les nouvelles tergiversations ministérielles ?

Oui c’est possible.  Cela aurait pu être fait depuis plus de 15 ans. Sans enquête publique, sans DUP, mais surtout sans délai.
En effet, tout le monde  s’accorde sur 3 points concernant l’autoroute : il faut assurer  la sécuritéprotéger les riverains, et séparer la circulation locale du flux de transit.

Les écologistes ne disent rien d’autre depuis de nombreuses années.

Or, nous pouvons régler ces problèmes tout de suite !

Concernant la sécurité, les écologistes proposent de créer de nouveaux échangeurs ; seule solution pour mieux répartir les trafics aujourd’hui concentrés sur quelques échangeurs, notamment celui du Zénith. Trois nouveaux échangeurs sont à réaliser : l’un au droit d’Odysseum pour desservir la future gare TGV, les deux autres au débouché des contournements Ouest (au niveau de Saint-Jean-de-Védas) et Est (au niveau de Saint-Aunès).

Avec ces aménagements, des réponses rapides peuvent être apportées aux problèmes de sécurité des échangeurs actuels.

Pour la protection des riverains  contre la pollution, et contre le bruit, il est urgent de mettre en place des murs anti-bruits au droit des quartiers sud de Montpellier comme cela a été fait depuis 30 ans dans d’autres agglomérations. Il faut aussi mettre l’autoroute aux normes actuelles notamment en terme d’environnement et réduire sa pollution par une diminution de la vitesse autorisée de 110 à 90 km/h.

Pour ces travaux, nul besoin d’enquête publique, de nouvelle DUP. L’Etat peut parfaitement prendre cette décision aujourd’hui et demander à ASF de réaliser ces aménagements en tant qu’exploitant.

On nous dit que l’argent est là.

Alors pourquoi attendre et faire prendre des risques aux usagers, aux riverains ?

Mme le Ministre, M le secrétaire d’Etat : à quand des actes ?