Deux très gros rassemblements viennent de se dérouler le même jour à l’appel de membres du réseau Facebook, le premier à Montpellier, le second à Nantes. Ils ont réuni des milliers de personnes.

A Montpellier, la préfecture a interdit le rassemblement mais le préfet a lui-même supervisé les services de police pour l’encadrer.

La mairie a apporté les moyens d’assistance (nettoyage, sanitaires et arrêtés municipaux) suite aux demandes des élus Verts.

Alors que d’autres « apéros facebook » sont prévus dans plusieurs villes de France, les pouvoirs publics ne savent pas comment réagir. La plupart du temps c’est l’interdiction qui prime mais les rassemblements ont lieu quand même et les participants ne comprennent pas : pourquoi interdire des rassemblements non violents  et conviviaux ?

Aujourd’hui, on assiste à de nouvelles formes de mobilisation et d’expression : on connait les flashmob (qu’on pourrait traduire par mobilisation éclair), des formes d’expression comme les freeze où les participants  se figent à un instant donné, on a vu des danses collectives organisées dans des lieux publics (à regarder absolument ).

Aujourd’hui, ce sont les apéros Facebook où des milliers de membres du réseau social se donnent rendez-vous. Il n’y a pas d’organisateur mais un ou des initiateurs.

Et c’est là un des points d’incompréhension majeur avec les pouvoirs publics : jamais jusqu’à maintenant les moyens technologiques ne permettaient de lancer une invitation de ce type et surtout de pouvoir voir le nombre et les profils de ceux qui disent vouloir y participer et tout ceci sans « organisation ».

Cette forme de mobilisation se fait avec un autre objectif important, celle de la réappropriation de l’espace public, c’est à dire une volonté collective de se retrouver ensemble dans des espaces publics.

Ce sont à l’heure actuelle les sociologues qui sont les plus pertinents sur les raisons et les objectifs de ces mobilisations, les politiques sont absents, les préfets n’y comprennent rien.

Car au centre de ces rassemblements, il y a avant tout une liberté fondamentale, celle de pouvoir se rassembler. C’est donc une nécessité de les défendre.

L’hypocrisie a été très forte ces derniers jours, notamment avec l’assimilation de ces rassemblements à du bingedrinking.  Or, on y rencontre aussi des familles et des gens de tous âges. Quant à l’argument du coût pour la collectivité, il n’est pas tenable : tout regroupement a un coût pour la collectivité, que ce soit un marché ou une manifestation et la collectivité publique est là pour les assumer.

Comment comprendre ces rassemblements  pour ceux qui n’utilisent pas Facebook ou Twitter ? On peut difficilement  le faire sans avoir utilisé le réseau social.

Pour essayer de traduire en termes du 20eme siècle, on pourrait dire que ces invitations à des apéros sont  des pétitions qui demandent la possibilité de se réunir librement dans un espace public à un instant donné avec les moyens de la collectivité, ceux qui permettent d’assurer les moyens minimums en terme de sécurité, de sanitaires, et de nettoyage.

C’est donc à la collectivité publique de s’emparer des événements, de les encadrer et de leur donner des moyens

C’est un nouvel exercice et une nouvelle pratique de la démocratie, de l’usage des moyens de la collectivité.

Il faut interagir avec l’initiative : y organiser des événements culturels, musicaux,  y intégrer des stands contre les addictions, pour la sécurité routière, mais aussi des stands qui parlent aux jeunes et aux moins jeunes. Pourquoi ne pas profiter de tels événements qui rassemblent aussi largement ?

Pourquoi ne pas avoir l’intelligence de s’intégrer à l’événement et de lui donner du sens ?

L’avenir de tous les rassemblements se fera désormais en partie via un réseau social, cela va dans l’avenir prendre beaucoup d’ampleur, cela commence par des manifestations conviviales comme ici avec ces apéros, mais toutes les formes d’expression publique et notamment les mobilisations politiques vont être touchées, et c’est bien un enjeu que de le comprendre.

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Un mois à peine après la réélection de Georges Frêche comme président du conseil régional Languedoc Roussillon, le conducator local remise ses deux projets phares dans les cartons : l’ordinateur pour chaque lycéen à la prochaine rentrée ce sera finalement pour l’année d’après et le TER à un euro, on l’étudiera, et puis on verra bien si on peut le faire : on abandonne pas officiellement, on reporte et on étudie la faisabilité : en fait on s’assoit sur les promesses de campagne, les élections sont passées.

Ceux qui dirigent l’institution depuis 6 ans ont tout simplement pris des engagements devant les électeurs qu’ils ne tiendront pas, et surtout plus grave : ils le savaient :  c’est ainsi qu’on fait de la politique en Septimanie.

Un ordinateur pour chaque lycéen

C’était la promesse phare, le pilier d’une soit disant politique de gauche, dans un concept d’égalitarisme éculé datant des plans soviétiques et marqué surtout par la méconnaissance totale des besoins des élèves et des technologies existantes.

J’avais fait un billet sur cet engagement démagogique

Mais l’annonce des raisons du report au lendemain des élections interroge.

Tout d’abord l’existence d’un soi disant nombre de problèmes (cf.  déclarations de Freche sur Montpellier Journal) qui obligent au report. Problèmes qu’évidemment on avait pas vu pendant la campagne : pour une équipe qui gère des collectivités depuis plus de 30 ans : ça en dit long.

François Delacroix l’explique sur France Bleu Hérault lundi 26 avril au micro de Pierre-Jean Pluvy : d’abord un problème d’appel d’offres : il n’y aurait pas de fournisseur capable de fournir autant d’ordinateurs dans un si cours délai, donc il faut prendre le temps.

Ensuite la nécessité de rencontrer les syndicats et la communauté éducative.

Voici donc les raisons officielles du report.

En fait il y en a d’autres moins communicables : rien n’a été anticipé, on va distribuer des ordinateurs, mais on ne sait pas pourquoi. On ne sait pas ce qu’on vont en faire les lycéens , pour accéder à quel contenu ? comment le faire avec les enseignants ? et pas uniquement pour que les ordinateurs servent dans les meilleurs des cas de consoles de jeu et dans le pire soient revendus sur Ebay.

Il n y’ a aucun projet pédagogique et aucun objectif.

Côté technique tout est à l’avenant, comme rien n’a été prévu du tout, on va s’apercevoir très vite qu’il faudra refaire l’installation électrique des lycées de la région : et oui, les portables ont des batteries qui se rechargent et comment dans une classe de plus de 30 élèves charger en même temps une partie des ordinateurs quand on dispose de trois prises de courant ?

Deuxième promesse phare de la campagne : le TER à un euro

Toujours sortie du chapeau, celle-ci est remise à beaucoup plus tard.

Toujours sur Montpellier Journal, Georges Freche nous explique que cette offre augmentera la demande et que finalement on a peut être pas assez de TER (qu’on vient de racheter sur le précédent mandat) et donc …. on va voir ce qu’on peut faire : bref, celle la n’est pas prête de voir le jour

Cette promesse n’a jamais fait l’objet de précisions quand à ses modalités : c’était selon l’humeur de celui ou celle qui la présentait pendant la campagne : au début cela recouvrait uniquement les trajets domicile-travail, puis comme la mesure semblait plaire, on apprenait que peut être ce se serait aussi pour les loisirs : bref, il n’y avait pas de modalité, juste une idée, un slogan.

La aussi rien n’a été anticipé.

Le dernier mandat nous avait gratifié de nouveaux trains aux couleurs de la région et d’évolution tarifaire à grand renfort de communication : mais on avait changé les machines, les cartes d’abonnement mais pas augmenter les fréquences, pas rénover les lignes : les utilisateurs le savent bien.

L’équipe en place ne croit pas au train, ne s’inquiète pas  de l’impérieuse nécessité de développer rapidement un réseau efficace de trains dans la région, d’investir massivement dans la rénovation des lignes et dans le cadencemement.

Les deux promesses phares sont officiellement reportées : ceux qui les ont faites connaissaient très bien l’impossibilité de les réaliser sur la forme et dans les temps qu’ils annonçaient : cela en dit long sur la confiance que peuvent avoir les électeurs  dans l’équipe en place.

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