Au lendemain du discours historique de François Hollande sur la rafle du Vel’ d’Hiv, qui vient rappeler et assumer l’histoire de notre pays, comment comprendre  que les élus de Montpellier élèvent une statue à Mao, et relativisent ses crimes en le plaçant à côté de Gandhi ?

Comment le faire au lendemain des paroles fortes du président de la République :

« L’enjeu est de lutter sans relâche contre toutes les formes de falsification de l’Histoire. Non seulement contre l’outrage du négationnisme, mais aussi contre la tentation du relativisme. (…) Transmettre cette mémoire, c’est enfin en retenir toutes les leçons.C’est comprendre comment l’ignominie fut possible hier, pour qu’elle ne puisse plus jamais ressurgir demain.»

Mardi 24 juillet, l’agglomération de Montpellier rendra un hommage à Gandhi….. et à Mao.

Les montpelliérains, les français, et même les russes dont une chaine couvrira l’événement, découvriront qu’en 2012, des responsables politiques de Montpellier rendent un hommage à Mao Zedong pour le rôle majeur qu’il a joué au 20ième siècle : au premier rang desquels d’être l’un des dictateurs les plus meurtriers que l’humanité aient connue : 30 millions de morts dans les plus basses estimations des historiens. 30 millions de morts ! Comment peut-on ériger sérieusement une statue à un homme responsable au bas mot de 30 millions de morts ?

Comment ne pas dire notre dégoût et même notre volonté de révolte face à l’érection d’un tel symbole ?

Georges Frêche, très fatigué, avait, à la fin de sa vie, imaginé ce mausolée de ses grands hommes à lui, de ce qui avait construit sa vie politique personnelle. Usant de sa toute puissance de baron local auquel personne n’osait s’affronter, il avait imposé son imagerie personnelle où les grands hommes côtoyaient le pire des dictateurs.

Depuis le décès de l’ancien maire de Montpellier, le nouveau président de l’aggomération avait donné des signes d’apaisement et de volonté de retrouver sur tous les plans un climat propice à la discussion et au dialogue.

L’inauguration des ces statues était prévue début février 2012.

J’ai rencontré Jean-Pierre Moure pour lui expliquer en quoi l’inauguration de ces statues ne pouvaient avoir lieu au milieu de la campagne présidentielle avec le risque de créer des polémiques incompréhensibles.

Jean-Pierre Mourre bien conscient de l’incongruité de cette inauguration a repoussé sine die l’inauguration.

Notre conversation s’était terminée sur une proposition : débattre à nouveau au lendemain de ces élections majeures pour notre pays de la pertinence même de leur installation.

C’est le choix inverse qui a été fait : installer la statue de Mao, non pas parce que le président ou n’importe lequel des élus y croient, mais parce qu’il fallait assumer un héritage – celui de Georges Frêche -, même si l’horreur même de l’hommage devait compléter le grotesque de leur installation.

Des élus disqualifiés

Comment faire confiance à des élus qui avaient un pouvoir et même un devoir d’inventaire ?

Nous seront nombreux à être attentifs à celles et ceux qui au milieu du pire ou du grotesque, c’est selon, viendront rendre un hommage à Mao demain à Montpellier au milieu du décor carton-pâte d’un centre commercial à mi-chemin entre Disneyland et Géant Casino.

C’est un mépris affiché pour les montpelliérains et les habitants de l’agglo.

Aucun des gadgets comme les consoles vidéos soit disant pédagogiques qui devraient être installées devant les statues, ne viendra excuser ou justifier le geste.

Quelle image pour Montpellier ?

Montpellier était la surdouée pour de nombreux français, peut on la laisser devenir celle de l’infamie ou du grotesque ?

Nous sommes nombreuses et nombreux à penser que ce n’est pas l’image que nous voulons pour cette ville. Parce que ce n’est pas sa réalité.

Que les élus qui rendront un hommage à l’un des dictateurs les plus meurtriers que l’humanité ait connu, se souviennent qu’ils auront pris, le 24 juillet 2012, une responsabilité.

Nous serons nombreux à nous en souvenir et à faire en sorte d’effacer pour les années à venir cette tâche pour une ville qui représente avant tout l’humanité, et le vouloir vivre ensemble.

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