La fermeture définitive du cinéma le Royal marque une étape symbolique dans la triste chronique du déclin du centre-ville de Montpellier.

Cette mort était malheureusement annoncée, voire programmée. Certes, on pourra dénoncer le comportement sans scrupule du groupe Aubert qui s’est rendu propriétaire du cinéma Le Royal dans le seul but d’organiser son agonie et ainsi écarter un concurrent de centre-ville pour mieux faire valoir son projet de multiplexe périphérique à Saint-Gély-du-Fesc. Mais soyons lucides ! Les investisseurs privés ne sont pas des philanthropes. Seule la recherche du profit maximal guide leurs stratégies immobilières dans le vaste jeu de Monopoly qu’est devenu l’urbanisme commercial.

Monopoly unlimited

S’il faut chercher des responsables au terrible déclin que connaît le centre-ville de Montpellier, il faut nous tourner vers les collectivités locales. En effet, en facilitant la construction de grands centres commerciaux périphériques (les maires ont modifié les règles d’urbanisme pour autoriser ces projets immobiliers), en réalisant, avec l’argent des contribuables, de grandes infrastructures routières qui les desservent, nos élus locaux ont, de fait, favoriser l’émergence d’une concurrence inégale en périphérie et organisé la mort lente du centre-ville. Au lieu de fixer des règles strictes pour maintenir et moderniser l’activité économique au cœur de la métropole montpelliéraine, les collectivités ont tout fait pour lui couper les jambes.

Car à ce jeu de Monopoly unlimited, ce sont les commerçants indépendants du centre-ville qui perdent et les actionnaires de la grande distribution de périphérie qui gagnent.

Pour 1 emploi créé en périphérie, 3 emplois détruits en centre-ville

Plus grave. En misant sur la grande distribution de périphérie contre le commerce de centre-ville c’est l’emploi que l’on sacrifie. Toutes les études sérieuses menées par les chambres consulaires confirment cette équation : pour un emploi créé dans la grande distribution de périphérie on compte en moyenne 3 emplois détruits dans le commerce de centre-ville. Prenez la rue Boussairolles et l’ensemble du quartier situé au sud de la place de la Comédie. La fermeture du Royal va immanquablement y entraîner la fermeture de nombreux restaurants et commerces dont l’activité était liée à la fréquentation du cinéma. Toujours moins de chiffre d’affaires à l’échelle du centre-ville et toujours plus de chômage à l’échelle de la métropole.

2 urgences : un moratoire sur les nouveaux projets commerciaux périphériques et un plan Marshall pour le centre de la métropole

Par-delà la cas particulier du cinéma le Royal mis à mort par le promoteur du multiplexe de Saint-Gély-du-Fesc, c’est toute l’organisation de la ville et de la métropole qui est posée. Si rien n’est fait pour enrayer le déclin du centre-ville, c’est toute l’image de la métropole montpelliéraine qui en sera affectée durablement.

Déjà, cette image est passablement écornée. Ainsi le Courrier international publiait l’an passé ce portrait peu flatteur du centre de Montpellier livré aux punks à chiens et aux bobos alcoolisés. Est-ce cela que nous voulons pour Montpellier ?

Il est temps de réagir. Nous pouvons interrompre ce cycle infernal. La décision est entre les mains des élus locaux.

Commençons par suspendre le projet Ode, ce méga complexe commercial prévu sur la route de la mer, entre les hypermarchés Carrefour et Auchan.

Puis réunissons, sans tarder, l’ensemble des collectivités pour : 1) décider d’un moratoire sur les nouveaux projets commerciaux périphériques 2) établir un véritable plan Marshall en faveur du centre de la métropole.

Cet enjeu transcende les étiquettes politiques et devrait nous réunir autour d’une seule ambition : Montpellier. Chiche !

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Nous interpellons Manuel Valls, Premier ministre à l’occasion de sa venue à Montpellier demain lundi 22 décembre pour la signature du Contrat de Plan Etat Région. Cette interpellation publique demande la suspension des projets de gares TGV de Manduel et Montpellier. Elle est co-signée par Christophe Cavard, Député EELV du Gard, Jean-Louis Roumégas, Député EELV de l’Hérault, Christian Dupraz, Conseiller Général EELV de l’Hérault, Vice-Président de Hérault Transport,Dirk Offringa, Secrétaire Régional EELV Languedoc – Roussillon, Nicolas Dubourg, membre de la direction nationale d’EELV et moi-même.

Montpellier le 21 décembre 2014

à M. Manuel VALLS, Premier ministre

Objet : Gares TGV de Nîmes et Montpellier : suivons les recommandations de la Cour des Comptes !

Monsieur le Premier Ministre,

Vous venez à Montpellier lundi 22 décembre 2014 pour signer le Contrat de Plan Etat Région 2015-2020. Ce contrat porte principalement sur le financement de nouvelles infrastructures en Languedoc-Roussillon. Parmi elles, la création de deux nouvelles gares TGV implantées en rase campagne, sur le tracé de la nouvelle Ligne à Grande Vitesse (LGV) entre Nîmes et Montpellier.

La première, prévue sur la commune de Manduel au sud de Nîmes serait localisée à l’interconnexion avec la ligne historique et ainsi accessible en TER depuis la gare centrale de Nîmes. Son coût est estimé à 100 millions d’euros.

La seconde, prévue sur la commune de Lattes au sud de Montpellier, serait réalisée en zone inondable (très exactement en zone rouge du Plan de Prévention des Risques d’Inondation) et déconnectée de la ligne historique, donc inaccessible en TER depuis la gare centrale de Montpellier Saint-Roch ; gare centrale inaugurée le 2 décembre dernier, après 3 ans de chantier d’agrandissement pour un coût total de 55 millions d’euros. Le coût de la nouvelle gare TGV excentrée est estimé, quant à lui, à 200 millions d’euros auxquels il faut ajouter près de 50 millions d’euros nécessaires à sa desserte par le tramway.

Si, en tant qu’écologistes, nous défendons à vos côtés la nécessité d’investir en faveur d’une modernisation du réseau ferroviaire français, nous ne pouvons pas cautionner les dérives financières et les errements auxquels nous conduisent les promoteurs du dogme de la grande vitesse.

La première de nos responsabilités est le bon usage de l’argent des contribuables.

Or la construction de deux gares TGV à Manduel et Montpellier n’a pas de sens économique en l’absence de liaison à grande vitesse entre Montpellier et Perpignan. Tous les spécialistes du ferroviaire en conviennent.

Nous sommes en train de mettre la charrue avant les boeufs

Nous sommes en train de mettre la charrue avant les boeufs et d’investir près de 350 millions d’euros dans la construction de deux gares TGV qui pourraient s’avérer être des gares fantômes, sans trafic significatif pendant de longues années. La facture de ce fiasco annoncé sera immanquablement mise à la charge de la collectivité, donc des contribuables. Cela n’est pas acceptable !

Monsieur le Premier Ministre, la Cour des Comptes nous alerte régulièrement sur les dérives des projets TGV. Son  dernier rapport annuel, publié le 23 octobre, n’a-t-il pas dénoncé « un modèle TGV porté au-delà de sa pertinence » ? De manière encore plus précise, la Cour s’est penchée, en 2013, sur les incidences financières du projet de TGV Est. Ses conclusions sont accablantes. Montages financiers opaques, données de trafic surestimées, surenchère des collectivités pour multiplier des gares TGV : toutes ces dérives y sont décrites noir sur blanc. Or tout porte à croire qu’aucune leçon n’en a été tirée en Languedoc-Roussillon.

La sagesse devrait nous conduire à suspendre ces deux projets de gares TGV dans l’attente de la réalisation de la LGV entre Montpellier et Perpignan. Ce temps pourrait être mis à profit pour instruire un débat public véritable sur la localisation et la configuration de ces gares nouvelles.

Rapport 2013 de la Cour des Comptes : « Exclure l’implantation de gares TGV en rase campagne sans interconnexion avec le réseau de transport régional »

Cela sera d’autant plus indispensable dans le cas du projet de gare TGV de Montpellier dont la localisation actuelle en zone inondable et déconnectée du réseau TER contrevient, non seulement au bon sens élémentaire (comment justifier en 2014 de construire en zone inondable ?), mais également aux recommandations de la Cour des Comptes qui, au terme de son rapport 2013, demandait à l’Etat et RFF « d’exclure l’implantation de gares TGV en rase campagne sans interconnexion avec le réseau de transport régional ».

En conclusion, nous vous demandons, Monsieur le Premier Ministre, de bien vouloir :

  • suspendre les projets de gares TGV de Manduel et Montpellier dans l’attente de la réalisation de la LGV Montpellier Perpignan (LGV dont nous soutenons bien sûr la programmation dans les meilleurs délais et avec le concours financier de l’Union Européenne !) ;
  • permettre le réexamen du choix de la localisation de la gare TGV de Montpellier afin de mettre en oeuvre les recommandations de la Cour des Comptes et de ne pas exposer de nouvelles populations au risque d’inondation.

Nous vous remercions pour votre écoute et vous prions d’agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de notre profonde considération.

Christophe Cavard, Député EELV du Gard Jean-Louis Roumégas, Député EELV de l’Hérault Christian Dupraz, Conseiller Général EELV de l’Hérault, Vice-Président de Hérault Transport Dirk Offringa, Secrétaire Régional EELV Languedoc – Roussillon Nicolas Dubourg, membre de la direction nationale d’EELV Manu Reynaud, ancien secrétaire régional d’EELV

 

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Henri Chambon a raison.

La réalisation du projet Ode serait fatale pour le centre-ville de Montpellier. Méga-complexe commercial venant s’ajouter, le long de la route de la mer, aux hypermarchés Carrefour et Auchan, le projet Ode c’est un nouvel Odysseum, en plus gros ! 

Ses promoteurs, la société Frey (investisseur coté à la bourse de Paris), minimisent la portée du projet en le présentant comme le simple déménagement des commerces de la zone du Fenouillet exposée au risque d’inondation. Cette présentation est parfaitement malhonnête. Comme le fut celle qui justifia, en son temps, le projet Odysseum par le simple déménagement du Géant Casino des Près d’Arènes.

Aucun déménagement, aucun transfert ne sont intervenus. Les surfaces commerciales périphériques se sont ajoutées aux surfaces commerciales périphériques au point de mettre à genou le centre-ville de Montpellier.

Il n’y a qu’à voir, par exemple, ce qu’est devenue la galerie marchande du Triangle, en plein coeur de ville, pour s’en convaincre ! On a dupé les Montpelliérains au moment du projet Odysseum. On ne les dupera pas une seconde fois !

Nous aimons Montpellier et nous ne laisserons des investisseurs sans scrupule programmer la mort de son centre-ville sans réagir. Le combat ne fait que commencer ! 
Manu Reynaud