Nous y sommes !
Lors de la dernière séance de questions au gouvernement, Alain Vidalies, ministre des transports, vient d’annoncer, devant l’Assemblée Nationale, la décision de reporter les projets de gares nouvelles pour se consacrer à la priorité que constitue la maintenance du réseau ferroviaire. Enfin le bon sens prévaut !
Mais cette annonce est un tremblement de terre pour RFF, maître d’ouvrage des gares nouvelles de Manduel et de la Mogère ; ces deux gares des vignes qui devraient bientôt faire de l’ombre aux gares à betteraves dans le palmarès des (très couteuses) aberrations ferroviaires.Panique à bord. Il faut vite lancer des contre feux. Non non. Rien n’est remis en cause. Le Ministre a parlé de manière générale, mais les projets et les dépenses continuent. Voilà en substance ce que viennent de dire les technocrates de RFF dans un entretien au Midi Libre publié aujourd’hui dans son édition en ligne.

Mais dans la panique, nos technocrates en ont dit un peu trop. Lisez vous-mêmes :
TGV SNCF

En clair, si les collectivités décident de ne pas réaliser les accès routiers à ces gares des vignes ainsi que leur desserte par les transports en commun, alors RFF ne sera pas en mesure de livrer ces joujoux d’architecture ferroviaire à 200 millions d’euros.
Conclusion : Lors du Conseil de Métropole du 5 mars prochain, il suffit de soumettre au vote une délibération indiquant clairement le refus de la collectivité d’engager les dépenses nécessaires à ces ouvrages routiers pour arrêter cette folie ! Chiche !
Le Conseil régional vient de reconduire l’opération « Lordi », un ordinateur gratuit pour chaque lycéen qui en a peut être déjà un.
Je dénonce ce système depuis sa mise en place en 2010 : il n’a simplement aucun sens, et n’est qu’une opération de communication ruineuse qui nous vient d’une promesse de campagne de Georges Frêche.
Pour mémoire : mes billets de janvier 2010, septembre 2011, et celui de janvier 2012 demandant un audit indépendant
Midi Libre nous apprend ce matin que l’opération reconduite depuis 2010 a déjà coûté 80 millions d’euros et que son président souhaiterait sauvegarder le dispositif dans le cadre de la nouvelle grande région.
En Mid-Pyrénées, un autre système existe où l’attribution d’une aide à l’acquisition de matériel est conditionnée aux ressources des familles. C’est d’une telle évidence !
Aujourd’hui, en Languedoc Roussillon, on donne un ordinateur à des lycéens même s’ils n’en ont pas besoin, cette mesure est d’autant plus absurde qu’ils ne peuvent pas l’utiliser en cours, où rien n’est prévu : aucun accompagnement, aucune connexion ni même les prises électriques pour les recharger.
Peut on se rendre compte de ce que veut dire dépenser 80 millions d’euros sans la moindre réflexion préalable ? et pire, sans le moindre évaluation du résultat depuis 4 ans ?
Il est temps d’abandonner ce programme au plus vite. La nouvelle grande région peut, nous l’espérons, nous y aider

Candidat aux élections cantonales de 2011, j’avais fait campagne sur le thème « On le dit, on le fait ! ».

J’avais osé dire, écrire et défendre l’idée qu’il fallait en finir avec le mille feuille des collectivités locales. Dans mes documents de campagne, je m’exprimais en ces termes.

« 45 000 collectivités, plus de 600 000 élus : la France crève de l’empilement de ses administrations locales. Commune, Agglomération, Département, Région : qui fait quoi ? Qui paye quoi ? Plus personne ne sait ; plus personne n’y comprend rien. (…), une conclusion s’impose : arrêter les doublons et les gaspillages d’argent public. »

Faire de la nouvelle mairie, le siège unique des administrations de la Ville et de la Métropole

Plus concrètement, j’avais formulé 3 priorités : 1. Fusionner les administrations du Département et de la Région 2. Fusionner les administrations de la Ville et de l’Agglomération de Montpellier 3. Faire de la nouvelle mairie, le siège unique des administrations de la Ville et de l’Agglomération.

Ces propositions, jugées irresponsables par tous mes concurrents d’alors, m’ont valu moqueries et sarcasmes de tous bords. Quatre ans plus tard – une éternité – la réforme territoriale esquisse enfin des pistes de mutualisation entre ces différentes administrations locales.

A Montpellier, Philippe Saurel organise une direction générale unique pour les services des deux administrations de la Ville et de la Métropole. Là aussi, la mutualisation est en marche. Mieux vaut tard que jamais !

Si j’étais chagrin, je dirais qu’il n’est jamais payant d’avoir raison trop tôt en politique. Mais comme je suis d’un naturel optimiste et d’une humeur taquine, je me félicite que les choses avancent et en profite pour souligner les vertus de la cohérence et de la constance dans la défense de ses idées et ses convictions !

Chiche !

Manu Reynaud, militant écologiste candidat écologiste sur le 3ieme canton de Montpellier