Montpellier, "la ville de la rustine" ?

By in Actualités on 26 mars 2013
Midi Libre consacre aujourd’hui un dossier intitulé « pourquoi l’état de la voirie de la ville est-il tant décrié ? »
Tout est dit dans l’explication de Philippe Thines : « On casse puis on recasse, mais on ne peut pas faire autrement« 
La première affirmation « on casse puis on recasse » est une réalité que connaissent tous les montpelliérains.
Qui n’a pas vu sa rue récemment rénovée par la Ville puis cassée et rapiécée par les services des eaux, du gaz, de l’électricité, le câble ou tout autre intervention ?
Tout piéton, tout cycliste ou utilisateur de deux roues – comme moi qui roule depuis 12 ans avec un scooter électrique – sait qu’il doit être particulièrement vigilant et regarder en permanence pour éviter des révêtements de chaussée défoncés, des bordures branlantes ou, plus communément, des nids de poules en voie de se transformer en trous d’obus.
C’est une réalité. Montpellier ressemble chaque jour un peu plus à « la ville de la rustine ».

La seconde affirmation de Philippe Thinès selon laquelle « on ne peut pas faire autrement » mérite débat et explications !
D’abord parce que la politique permet toujours de faire autrement. Gouverner une ville, c’est anticiper, planifier et coordonner l’action de la collectivité en matière d’aménagement des espaces publics.
D’autres villes en France et en Europe, pas toujours plus riches que Montpellier, savent concevoir et entretenir des espaces publics de qualité.
Cela réclame d’abord des arbitrages sur les priorités budgétaires.
Aujourd’hui, on s’apprête à engager plus de 200 millions d’euros de la poche des contribuables de l’agglomération dans le projet de transformation de l’autoroute A9 que l’Etat et Vinci Autoroute veulent transférer aux collectivités ; sans compter les 3 millions d’euros annuels d’entretien qu’impliquerait ce transfert définitif.
200 millions d’euros, c’est près de 20 ans du budget total de la voirie montpelliéraine ! Que l’on ne s’étonne pas que les services de la voirie se voient contraints de gérer la pénurie au quotidien en rafistolant nos rues, rustines après rustines …
Par-delà les priorités d’investissement, trois conditions sont nécessaires pour progresser en matière de voirie dans cette ville : l’anticipation, la coordination, et la mutualisation à l’échelle de l’agglomération.
Pour aujourd’hui, intéressons-nous à l’anticipation.
Anticiper c’est prévoir.
Certains exemples d’absence d’anticipation sont particulièrement éloquents dans cette ville.
La place de la gare a été cassée plus de 3 fois en moins de 10 ans !
Comment penser que l’implantation des 3 lignes de tramway n’ait pas été anticipée ?
Pourquoi ce noeud n’a-t-il pas fait l’objet d’un seul et même chantier comme ce fut le cas à Bordeaux où le réseau a été pensé dès le départ ?
Idem au pied du Corum et bientôt sur la place Albert 1er qui va être éventrée une troisième fois en moins de 15 ans pour la ligne 5 du tramway.
Quelle est la facture de cette absence de planification, de cette incapacité à anticiper l’aménagement de la ville ?
A suivre …
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