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Royal : le multiplexe m’a tuer

By in Actualités on 30 décembre 2014

La fermeture définitive du cinéma le Royal marque une étape symbolique dans la triste chronique du déclin du centre-ville de Montpellier.

Cette mort était malheureusement annoncée, voire programmée. Certes, on pourra dénoncer le comportement sans scrupule du groupe Aubert qui s’est rendu propriétaire du cinéma Le Royal dans le seul but d’organiser son agonie et ainsi écarter un concurrent de centre-ville pour mieux faire valoir son projet de multiplexe périphérique à Saint-Gély-du-Fesc. Mais soyons lucides ! Les investisseurs privés ne sont pas des philanthropes. Seule la recherche du profit maximal guide leurs stratégies immobilières dans le vaste jeu de Monopoly qu’est devenu l’urbanisme commercial.

Monopoly unlimited

S’il faut chercher des responsables au terrible déclin que connaît le centre-ville de Montpellier, il faut nous tourner vers les collectivités locales. En effet, en facilitant la construction de grands centres commerciaux périphériques (les maires ont modifié les règles d’urbanisme pour autoriser ces projets immobiliers), en réalisant, avec l’argent des contribuables, de grandes infrastructures routières qui les desservent, nos élus locaux ont, de fait, favoriser l’émergence d’une concurrence inégale en périphérie et organisé la mort lente du centre-ville. Au lieu de fixer des règles strictes pour maintenir et moderniser l’activité économique au cœur de la métropole montpelliéraine, les collectivités ont tout fait pour lui couper les jambes.

Car à ce jeu de Monopoly unlimited, ce sont les commerçants indépendants du centre-ville qui perdent et les actionnaires de la grande distribution de périphérie qui gagnent.

Pour 1 emploi créé en périphérie, 3 emplois détruits en centre-ville

Plus grave. En misant sur la grande distribution de périphérie contre le commerce de centre-ville c’est l’emploi que l’on sacrifie. Toutes les études sérieuses menées par les chambres consulaires confirment cette équation : pour un emploi créé dans la grande distribution de périphérie on compte en moyenne 3 emplois détruits dans le commerce de centre-ville. Prenez la rue Boussairolles et l’ensemble du quartier situé au sud de la place de la Comédie. La fermeture du Royal va immanquablement y entraîner la fermeture de nombreux restaurants et commerces dont l’activité était liée à la fréquentation du cinéma. Toujours moins de chiffre d’affaires à l’échelle du centre-ville et toujours plus de chômage à l’échelle de la métropole.

2 urgences : un moratoire sur les nouveaux projets commerciaux périphériques et un plan Marshall pour le centre de la métropole

Par-delà la cas particulier du cinéma le Royal mis à mort par le promoteur du multiplexe de Saint-Gély-du-Fesc, c’est toute l’organisation de la ville et de la métropole qui est posée. Si rien n’est fait pour enrayer le déclin du centre-ville, c’est toute l’image de la métropole montpelliéraine qui en sera affectée durablement.

Déjà, cette image est passablement écornée. Ainsi le Courrier international publiait l’an passé ce portrait peu flatteur du centre de Montpellier livré aux punks à chiens et aux bobos alcoolisés. Est-ce cela que nous voulons pour Montpellier ?

Il est temps de réagir. Nous pouvons interrompre ce cycle infernal. La décision est entre les mains des élus locaux.

Commençons par suspendre le projet Ode, ce méga complexe commercial prévu sur la route de la mer, entre les hypermarchés Carrefour et Auchan.

Puis réunissons, sans tarder, l’ensemble des collectivités pour :
1) décider d’un moratoire sur les nouveaux projets commerciaux périphériques
2) établir un véritable plan Marshall en faveur du centre de la métropole.

Cet enjeu transcende les étiquettes politiques et devrait nous réunir autour d’une seule ambition : Montpellier. Chiche !

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